Selon moi,
ça irait mieux
si l’État ne dotait plus que,
- les régions (il n'est pas avéré que leur découpage actuel soit le plus pertinent, sans doute vaudrait-il mieux confier le sujet à des géographes, des historiens, des économistes, qu'à des bureaucrates ou à des politiciens) ;
- et les communes comptant au mooins 40 000 habitants ou d’une superficie minimum de 600 km2*.
L’État continuera à doter les récalcitrantes au regroupement, avec une décote qui s’accentuera d’année en année jusqu’à la disparition de la dotation.
Les communes** pourront constituer des « départements » ou des « métropoles » ou des « territoires », à leurs frais, si elles trouvent un intérêt à se regrouper en structures plus vastes ; soit parce que la structure leur ferait économiser de l’argent, soit parce qu’elle améliorerait le service rendu aux habitants. ***

* un carré de 24,5 km de côté ou un cercle d’un rayon de 14 km
** : commune nouvelle selon la loi no 2010-1563
*** : aujourd'hui, en Ile de France, nous avons 6 niveaux d’administration : commune, territoire, département, région, métropole, État + l'Europe.
En développant un peu
Après dix-huit ans d’observations et d’engagement politique local en tant que 1er adjoint au maire de Chaville et douze années au conseil territorial de Grand Paris Seine Ouest, il me semble que ça irait mieux si l’État ne dotait plus que,
- les régions, dont il n'est pas avéré que le découpage actuel soit le plus pertinent. Sans doute vaudrait-il mieux confier le sujet à des géographes, des économistes, des historiens qu'à des bureaucrates ou à des politiciens.
- et les communes comptant au minimum 40 000 habitants ou d’une superficie d’au moins 600 km2 (un carré de 24,5 km de côté).
L’État continuera à doter les récalcitrantes au regroupement, avec une décote qui s’accentuera d’année en année jusqu’à la disparition de la dotation.
Les communes (certaines étant devenues des « communes nouvelles » selon la loi de 2010) pourront constituer des « départements » ou des « métropoles » ou des « territoires » ou des « intercommunalités » à leurs frais, si elles trouvent un intérêt à se regrouper en structures plus vastes ; soit parce que cela leur ferait économiser de l’argent, soit parce qu’elle améliorerait le service rendu aux habitants.
Les compétences des collectivités supprimées seront réparties entre les communes et les régions.
Aujourd'hui, en Ile de France, nous avons six niveaux d’administration : commune, territoire, département, région, métropole, État, plus l'Europe, chacune avec son assemblée. Est-ce bien raisonnable ? Est-ce bien efficient, en dépit du soutien de quelques agences gouvernementales, des autorités administratives indépendantes et des opérateurs de l’État ?
Multiplier les élus et les services qui leurs sont rendus en personnels et en matériels, dupliquer des directions identiques entre communes voisines, les sites internet, les journaux municipaux… n’est pas la source d’une saine concurrence mais, au mieux, celle d’une dispendieuse redondance, au pire celle d’une ridicule compétition quant aux mérites et à l’indispensabilité de chacun.
Ce système labyrinthique ne produit pas plus de service public ; il produit plus de confusion, il augmente les coûts de fonctionnement et il ronge la confiance des citoyens dans leurs institutions et ceux qui y siègent.
Faire circuler l’argent public d’une strate à l’autre dans des circuits complexes, avec des procédures compliquées, coûte un temps, une énergie, des euros, qui seraient mieux employés à d’autres tâches.
Distrayant symbole : à chaque virement un peu conséquent, une petite cérémonie est organisée pour remercier Machin d’avoir « donné » à Truc ; et de se congratuler de l’excellente coopération entre telle et telle couche du millefeuille.
Évidemment, alléger le dit millefeuille ferait de la peine à beaucoup, modifierait quelques habitudes, quelques rentes, quelques tranquillités. Nous pourrions faire l’économie de cette simplification si la France regorgeait de moyens, ce n’est pas le cas.
Un des rares classements mondiaux dans lequel nous détenons la première place est celui du nombre d’élus par habitant. Ceux-là ne doivent-ils pas œuvrer pour l’intérêt de ceux-ci et non pas pour la préservation de leur existence —en dépit du fait que cette préservation soit constitutive de la nature de tous les organismes vivants ?
Cela n’est pas impossible.
En 2007, le Danemark a supprimé ses 13 anciens “comtés” (départements) pour créer 5 régions et 98 communes au lieu de 271.
Dans les années 1970, la Suède est passée de 2 500 à 290 communes.
Avant les réformes de 2011 et 2018, la Grèce comptait 1 158 « communes », 54 « préfectures », 13 « périphéries » ; aujourd’hui, 325 communes, 13 régions, plus de préfecture.
La Belgique a divisé par 4 le nombre de ses communes, et l’Allemagne de plus de la moitié.
Malheureusement, la gentillesse à l’égard de ses amis, la tendresse à l’égard de ses collègues, le respect inquiet dû aux hauts fonctionnaires, la peur du changement, l’angoisse de perdre son propre poste, l’attachement à son statut, la conviction que ça tiendra bien encore un peu, la certitude que « les autres » pourraient faire un effort, ou que la conjoncture n’est pas favorable, ou qu’il y a plus urgent, ou qu’on n’y arrivera pas, ou que cela fait partie du génie national et de notre appétence pour la rente, ou qu’en France aucune structure ne peut bouger hors effondrement, peut convaincre que la perspective souhaitable, voire indispensable, de la compression impitoyable du millefeuille et l’allégement de la crème pâtissière (les agences) décrite dans nombre de livres de prétendants à la fonction suprême, est hors d’atteinte.
Dommage.