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« Pour parvenir à reconquérir la norme [halal], l'OCI [Organisation de la Conférence Islamique] peut s'appuyer sur sa participation, comme membre observateur, au Conseil économique et social de l'ONU, membre de l'Unesco et de l'Unicef, qui donnent à ses actions une honorabilité incontestable auprès de ses partenaires. Sa charte est une liste de bonnes intentions particulièrement rassurantes pour les Occidentaux :

Contribuer à l'instauration de la paix et de la sécurité internationales, de l'entente et du dialogue entre les civilisations, les cultures et les religions [...], promouvoir et encourager les relations d'amitié et de bon voisinage, ainsi que le respect mutuel et la coopération [...], promouvoir les droits de l'Homme et les libertés fondamentales, la bonne gouvernance, l'État de droit [...], œuvrer à la réalisation de la bonne gouvernance au niveau international et à la démocratisation des relations internationales sur la base des principes d'égalité, de respect mutuel entre les États [...], promouvoir les valeurs islamiques de modération, de tolérance, de respect de la diversité, de sauvegarde des symboles et du patrimoine commun de l'Islam.

 

Mais l'OCI s'appuie surtout sur la Ligue islamique mondiale (LIM), un organisme destiné à la propagation du fondamentalisme (officiellement de « l'islam ») créé en 1962 par l'Arabie saoudite avec la participation des Frères musulmans, et qui possède des centres et bureaux affiliés sur tous les continents. Elle joue depuis plusieurs décennies un rôle aussi important que discret dans la normalisation et l'extension du marché halai.

Lors d'une conférence organisée en mars 2014 à La Mecque, à laquelle étaient conviées de nombreuses personnalités religieuses dont des Frères européens (comme le Dr Ahmed Jaballah, membre de l'Union des organisations islamiques de France [UOIF], Abdelmajid Omar Annajar de l'Institut européen des sciences humaines créé par l'UOIF), la Ligue rappelait les objectifs contenus dans sa charte :  « La LIM travaille auprès des minorités à former une opinion publique islamique, combattre les incursions idéologiques et [...] la pensée aberrante », à protéger l'héritage islamique et à défendre les droits des minorités musulmanes.

Elle contribue à « relancer le rôle de la mosquée dans les domaines de l'orientation, l'éducation, la prédication et la fourniture de services sociaux», à soutenir la publication d'ouvrages islamiques, à sélectionner, former et mettre en place des groupes de prédicateurs qualifiés sur des missions d'orientation dans toutes les mosquées du monde, et à organiser les structures cultuelles islamiques à l'échelon national de chaque pays. Sous une formule sibylline, son Conseil supérieur mondial des mosquées prévoit de surveiller ses éventuels ennemis sur les territoires en question, d’ « étudier les idées et les comportements qui sont en contradiction avec les enseignements de l'islam pour stopper leurs effets».

Le programme de lutte contre « l'islamophobie » est ici inscrit bien avant que l'usage de ce terme soit devenu courant. Le Conseil de la jurisprudence islamique de la LIM s'est donné pour but de :

1 - Apporter des solutions en conformité avec la jurisprudence islamique aux problèmes contemporains que rencontrent les musulmans.

2 - Apporter la preuve évidente de la supériorité de la charia sur les autres législations, la mise en évidence de son caractère universel et démontrer qu'elle est capable d'apporter des solutions adéquates aux problèmes auxquels est confrontée la Nation islamique dans tout endroit et à toute époque.

3 - La propagation de la jurisprudence islamique. »

 

Le Marché halal ou l’invention d’une tradition, Florence Bergeaud-Blackler, éditions du Seuil, 2017 - emplacements 1733 et ss / 4270

Tag(s) : #République

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